31 mars 2008
What else ?
Je passai une dernière journée à Kunming à simplement attendre mon train pour Guilin située dans la province du Guangxi. Comme ce dernier ne partait qu’à 18H33, j’eus largement le temps de "glander" d’autant que ma crève persistante me filait des coups de pompe réguliers qui m’empêchaient de faire grand-chose. Toutefois, la position allongée me convenant parfaitement, je testai une heure de massage traditionnel chinois à mon hôtel qui, à la sortie, me mit encore plus sur le flanc…
Ceci étant dit, c’était donc l’heure du départ et pour ceux (j’en connais) qui ne maîtrisent pas trop leur géographie, je joindrai dorénavant à chaque déplacement une carte de cet immense pays afin de vous aider à mieux situer mes étapes…
Quant au train pour Guilin, il me réserva une petite surprise car assis près de moi dans le wagon-restaurant, un groupe de quatre femmes dont une parlant correctement anglais, entreprirent de me tenir conversation. J’appris rapidement et preuve à l’appui, que l’une d’entre elles était une sommité du monde médical chinois (lutte contre le sida) car elle m’exhiba une photo où, tout sourire, elle posait fier comme "bar-tabacs" au côté de Mr… Bill Clinton, himself ! Etonnant, non ? J’étais même invité chez elles à Pékin, si je le souhaitais… Mon côté Georges Clooney avait encore frappé… What else ?
30 mars 2008
Shilin
J’avais décidé de rester 3 jours à Kunming, non pas que la ville et ses environs méritaient autant de temps, mais j’avais besoin de tâter le pouls de ce pays, de le "sentir", de repérer quelques us et coutumes, en un mot, de prendre mes repères avant d’entamer ma grande boucle chinoise.
Mais il fallait bien s’occuper malgré tout et j’avais donc acheté un "tour" auprès de mon hôtel pour passer la journée à Shilin, situé à 120 kms au sud-est de Kunming. Shilin était un imposant ensemble de pitons de calcaire gris, modelés et érodés par le vent et la pluie. Cette forêt de pierres me fit penser un peu aux Tsingy de Madagascar, version réduite et bien sûr asiatique car blindée de touristes chinois (en plus, on était dimanche !). Au final, cet endroit ne présentait guère d’intérêt et était, de plus, horriblement cher. Toutefois, je ne regrettais pas d’y être allé car outre le fait d’avoir découvert pour la première fois la campagne chinoise (bien tristounette dans le coin), j’eus un aperçu de la façon de conduire des autochtones, ce qui me bascula irrémédiablement dans le camp des aficionados des transports ferroviaires…
29 mars 2008
Nin Hao, Chine !
C’est excité comme un pou que j’étais arrivé, hier à Kunming (la ville de l’éternel printemps). Déjà, de mon siège d’avion, j’avais découvert un autre monde. Autoroutes, immenses cités-dortoirs, buildings, illuminations de partout, c’était le choc après le Laos qui me semblait dès lors, daté du siècle dernier. L’aéroport (immense et rutilant), les grandes avenues, le chauffeur de taxi qui ne pipait pas un mot d’anglais, le prix dérisoire de la course, mon installation au Kamellia Hotel (chambre très correcte pour 12 euros), une bonne bière Tsing Tao et un succulent plat de nouilles au porc émincé, me plongèrent d’emblée dans une excitation et une fébrilité joyeuses. J’étais en Chine, ce n’était pas rien et ça promettait car ma première impression était bonne… Toutefois, j’avais la crève et je n’étais pas en très grande forme physique, le passage du four à micro-ondes laotien à la terrasse ventilée de Kunming (à 1800 mètres d’altitude) ayant eu raison de ma petite santé.
Aujourd’hui, je me baladai dans les larges avenues aérées de Kunming, une ville chinoise qui, bien que de plein pied dans le 21ème siècle, demeurait respirable et agréable (pas trop de voitures et plein de deux-roues électriques).
Puis, je décidais d’aller visiter un site bucolique à l’extérieur de la ville (les Monts d’Ouest). D’après le GDR, il suffisait de prendre le bus 5, descendre à son terminus pour prendre le bus 6 jusqu’à l’entrée du parc. Fastoche ! Sauf que le bus 5 n’alla pas au bout de son trajet pour cause de travaux et là, soudainement, tout se compliqua. Après avoir "ânnoné" mon chemin pendant une heure auprès des locaux sans succès et avoir tourné en rond une heure de plus, je renonçai, exténué et désespéré et je finis par héler un taxi à qui je montrais les caractères chinois d’un restaurant français inscrits sur mon guide en espérant pouvoir "têter ma goutte", là-bas. Que nenni ! Non seulement le personnel ne parlait pas français, mais il ne parlait pas non plus anglais… Bouhouhou !!!! J’veux qu’on me comprenne !!!
28 mars 2008
Paï kone deu Laos !

____ trajet routier
____ trajet fluvial
Initialement, j’avais prévu de rejoindre la Chine par voie terrestre. Mais, j’avais appris en arrivant à Luang Prabang qu’une nouvelle ligne aérienne ouverte depuis deux mois seulement par Lao Airlines, reliait désormais cette dernière à Kunming, capitale du Yunnan, au sud-ouest de la Chine. Après une courte réflexion, j’optai pour l’avion sans regret car cette petite "tricherie" m’épargnait beaucoup de fatigue et me faisait gagner un temps considérable.
Je quittai donc aujourd’hui le Laos avec des sentiments bien mitigés. J’avais tout d’abord été déçu par les laotiens eux-mêmes. Toutes les personnes qui m’avaient parlé d’eux m’avaient loué leur gentillesse et leur douceur. Pour ma part, je les avais trouvés plutôt "frustres" et, en tout cas, bien moins souriants et sympathiques que leurs voisins khmers. Par ailleurs, le pays (à l’exception du Nord-Laos) ne m’avait pas particulièrement emballé. Il est vrai que, par manque d’envie et de courage, j’étais resté bien sagement sur l’autoroute touristique laotienne sans emprunter à aucun moment quelconque chemin de traverse. Au fond de moi, je n’étais d’ailleurs pas convaincu que ces derniers en valaient vraiment la peine… Néanmoins, j’avais préféré globalement le Laos au Cambodge et ce petit pays sans mer méritait assurément une meilleure considération. Mais n’était-il pas déjà trop tard pour l’apprécier à sa juste valeur ?
27 mars 2008
Flânerie
Luang Prabang était une ville où il faisait bon flâner, ce que je fis une bonne partie de la journée. Malheureusement, un voile grisâtre persistant me priva d'une belle lumière m'empêchant, à mon grand regret, de tirer de beaux portraits de la belle qui le méritait pourtant largement.
26 mars 2008
(Mauvaise) Humeur
En relisant mes messages précédents, je me suis rendu compte de leur pauvreté affligeante. Il faut dire que ça ne m’étonne qu’à moitié car depuis mon arrivée dans le quartier, je me sentais (et me sens toujours) comme un vulgaire touriste de base noyé au milieu d’un océan de moutons de Panurge.
En fait, l’Asie du Sud-est était une véritable autoroute du tourisme où se croisaient en tout sens de gigantesques flux migratoires composés "d’hominus-turisticus", qu’il soit touriste-sac à dos ou touriste-valise à roulettes. Tout ce beau monde se croisait ou se suivait au fil d’étapes bien définies et largement balisées par le Lonely Planet ou le Guide du Routard (dans une moindre mesure).
Missel en main, toutes ces personnes se retrouvaient alors souvent, soit dans des villes ou des sites divers, soit dans des bus, mini-bus ou que sais-je encore (je suivais moi-même ainsi une famille de français depuis près d’un mois, ou l’inverse). Ces mêmes étapes, où tout le monde se posait, méritaient au mieux 3 jours de visite, au pire, une demi-journée. Mais comme il fallait bien faire rester le gogo le plus longtemps possible afin de le plumer au maximum, les innombrables agences et opérateurs locaux avec l’aimable complicité du Lonely Planet et du Routard, trouvaient alors tout un tas d’occupations comme une visite de grottes, de cascades, de temples éloignés, de villages traditionnels (que sais-je encore ?) qui s’avéraient la plupart du temps sans intérêt. Ces derniers étaient d’ailleurs souvent transformés en vastes marchés d’artisanat où des villageois blasés accueillaient dans une totale indifférence des centaines de visiteurs journaliers, et ce, pendant toute l’année, en ne pensant qu’à vous vendre quelque chose (à quoi d’autres pourraient-ils bien penser d’ailleurs ?).
Alors, en provenance d'Indonésie, de Malaisie, de Thaïlande, du Cambodge, du Laos, du Vietnam ou en partance pour ces mêmes pays, ces "drôles de voyageurs" se racontaient leurs périples et ça donnait à peu près cela :
- Tu voyages depuis longtemps ?
- 3 mois.
- T’es allé où ?
- Malaisie, Thaïlande, Cambodge. Là, je remonte le Laos puis je passe au Vietnam..
- Moi, j’en reviens du Vietnam. Cela fait six mois que je voyage. Il me reste encore huit mois…
Aussitôt, notre néo "malais-thaï-khmer" aventurier commençait à interroger à tout va pendant une bonne heure son alter-ego sur le Vietnam l’abreuvant de questions dont il avait déjà toutes les réponses fournies par le Lonely Planet qu’il avait déjà relu trente fois et qu’il allait relire, de toute évidence, après son interrogatoire, histoire de se rassurer encore un peu plus.
Mais au bout d’un moment, arrivait toujours la question qui tuait, à savoir :
- Au fait, donc, le Vietnam (ou le Laos, ou autre), ça t’a plu ?
- Un ange passait alors mais la réponse (hésitante, mais toujours la même) arrivait alors : « Oh… Yes… Great… Great… » (Non mais, faut pas déconner, si on était là, c’était pour s’amuser et en profiter, non ?).
Sur ce, tout le monde remettait ses écouteurs de MP3 dans les oreilles et la route pouvait continuer, chacun dans sa bulle, à rêver à sa mère-patrie ou à sa mère… tout court.
Quant à éviter ces flux et sortir des sentiers battus, c’était toujours les mêmes difficultés (comme au Vietnam, justement mais c'était peut-être un peu moins vrai en Thaïlande) car la plupart du temps, c’était soit impossible, soit compliqué et/ou très fatigant, et/ou bien plus cher que les circuits organisés.
Alors, je rêvais d’un voyage où je pourrais conduire moi-même mon propre véhicule (auto ou moto). Je mettrais alors le LP et le GDR à la poubelle, j’achèterais des cartes routières et comme dans le bon vieux temps, je demanderais aux autochtones mon chemin et les endroits où bien manger, bien dormir et sympas à visiter, et tout cela en français dans le texte bien sûr ou… en espagnol (por seguro) et that’s it !
Au fait, je ne vous ai pas raconté ma journée. J’ai fait une balade en bateau sur le Mékong pour aller visiter des grottes… Génial !!!
Non, je déconne…
25 mars 2008
Luang Prabang
Ville classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, Luang Prabang méritait assurément son titre. Entourée de collines verdoyantes, la ville par elle-même était un océan de verdure, dont le centre s'étirant sur une presqu'île au confluent du Mékong et d'une petite rivière (Nam Kane), se parcourait aisément à pied. Ici pas de circulation insupportable, pas de gros buildings mais un ensemble de rues et venelles bordées de maisons basses la plupart en bois toutes aussi mignonnes les unes que les autres au milieu d'inévitables temples bouddhistes. L'ensemble donnait un charme fou à cette petite ville et il s'y dégageait une atmosphère paisible et sereine. Un bien bel endroit que je parcourus à pied une grosse partie de la journée. Du tourisme urbain classique, en somme aujourd'hui pour moi...
24 mars 2008
Fraîcheur et transition
J'avais été tellement dégoûté par Vang Vieng que je décidai de me tirer à la première heure de ce "Disneyland" laotien pour "routards-touristes". Nouvelle journée passée sur la route donc mais avec beaucoup de changement au programme car pour la première fois depuis mon départ, la route fut de toute beauté. Place aux montagnes, à la verdure et à la fraîcheur en remplacement de la plaine du Mékong aride, plate, sèche et écrasée par le soleil. Cela fait du bien de voir du vert, du relief et de respirer un peu. Il ne manquait plus qu'un petit peu de soleil car Luang Prabang où je posai mon sac en fin d'après-midi était enveloppé dans un ciel gris bas et lourd qui lui donnait une ambiance de fin de vacances à La Bourboule.
23 mars 2008
Réflexion
Dans le tiers-monde, il y a deux sortes de chauffeurs de bus. Tout d'abord, ceux qui roulent comme des dingues et qui, à l'approche de la destination finale, accélèrent à tout va. Et les autres, ceux qui se traînent lamentablement et qui, à l'approche du but, se mettent à ralentir considérablement. Je n'arrive toujours pas à savoir quels étaient ceux que je haïssais le plus...
Celui qui m'amena de Vientiane à Vang Vieng, était de la deuxième catégorie et c'était donc dans une humeur exécrable que j'arrivai dans ce bled à routards qui déjà, me sortait par les yeux. Il faut dire que lorsque vous tombiez sur des jeunes anglophones allongés sur des matelas dans des bars en train de dévorer des séries américaines genre "Friends" tout l'après-midi, il y a de quoi s'interroger sur le devenir de la jeunesse mondialisée... Enfin, bon !
22 mars 2008
Nam et Noy
Nam et Noy sont deux jeunes serveurs travaillant dans un des très nombreux stands de nourriture qui s’établissent sur les bords du Mékong à Vientiane le soir, et où Laotiens et «falangs» viennent déguster poissons, gambas, calamars et autres poulets grillés au barbecue dans une ambiance décontractée et chaleureuse. J’avais sympathisé avec eux la veille et ils m’avaient alors proposé, de me servir de guide aujourd’hui avec la voiture de leur patronne (la sœur de Noy). Ordinairement, je refuse toujours ce genre de propositions mais là, j’avais accepté car ils me paraissaient fiables et plutôt sympathiques. Après avoir visité le temple majeur de Vientiane (le Wat That Luang), ils m’amenèrent à l’extérieur de la ville pour déjeuner au bord d’une rivière sur des espèces de radeaux à moteur aménagés en autant de petites salles de restaurant privatives. Et vogue la galère pour une heure de déjeuner sur l’eau. Ni nems, ni nouilles, Nam et Noy commandèrent plutôt tout un tas de plats (dont des petites crevettes frétillantes et bien vivantes) tout aussi succulents les uns que les autres. J’avais compris depuis bien longtemps que l’addition serait pour moi mais je payai sans «rechigner» car outre le fait qu’ils avaient fourni voiture et essence, ils étaient de bonne compagnie et avaient été le temps d’un repas ma première véritable rencontre avec les autochtones depuis mon arrivée en Asie du Sud-est. A mon sens, cela le valait donc largement.































