05 novembre 2007
Veloma Madagascar !
Quoi dire ? Je pourrai tomber dans la grandiloquence, dans les formules dithyrambiques, dans des louanges à n'en plus finir. Non. Simplement, je finis ce voyage serain, heureux, détendu, apaisé, et, ni même l'employé de banque à l'aéroport qui m'entuba de 5 euros, ni même les fonctionnaires des Eaux et Forêts qui, toujours à l'aéroport, me rackettèrent de 5000 ARY (2 euros) pour me laisser sortir ma pirogue, n'entamèrent ma bonne humeur. Je ne voulais pas, le dernier jour, me fâcher avec Madagascar. Ce voyage avait été un véritable bonheur. Des joies, des éclats de rire, de la tendresse, de multiples émotions au travers des centaines de rencontres effectuées en chemin. Madagascar était un superbe pays, certes, mais où la relation humaine prenait toute sa place et finalement plus que n'importe quel sublime paysage, n'est-ce pas là, dans la rencontre avec l'Autre, que se situe l'essentiel ? Veloma Madagascar ! Je reviendrai...
04 novembre 2007
Gueule de bois
Lac Anosy (vu de l'hôtel Isoraka)
J'avais craint, la veille, de m'ennuyer terriblement ce dernier dimanche à Mada. Il n'en fut rien. Quand j'émergeai ce matin aux alentours de 10 heures, j'avais le sentiment d'avoir un train dans la tête et j'avais donc terriblement mal aux cheveux. Aussi, mon sort fut vite réglé et je passai la plus grande partie de la journée dans ma bannette tentant vaille que vaille de dissiper les vapeurs d'alcool qui faisaient de la résistance... Et c'est tout juste si je fus dégrisé quand je m'aperçus que j'avais perdu, dans la bataille de la veille, la clé de mon cadenas qui fermait le petit coffre-fort de ma chambre où j'avais déposé passeport, appareil photo, carte bancaire et pognon (il vaut mieux éviter de sortir la nuit à Tana, habillé en sapin de Noël !). Heureusement, à Mada, on trouve toujours une solution et la réceptionniste en 2 temps et 3 mouvements me sortit un bout de lame de scie à métaux avec lequel je sciai illico presto mon cadenas que je pensais pourtant, mais à tort, indestructible...
03 novembre 2007
Douceur printanière
Après le four de Tuléar, Tana offrait ce matin un visage printanier très agréable. Je flânai dans les rues de la ville haute. L'air était doux tout comme la lumière et les jacarandas, de mauve vêtus, illuminaient les bords du lac Anosy et le petit parc de la place de l'Indépendance. Le petit quartier "branché" d'Isoraka avec ses petites ruelles était paisible et je m'y baladai, serain. Malgré tout, il n'y avait pas grand-chose d'autres à faire à Tana et l'après-midi fut un poil longuet. Demain serait mon dernier jour à Madagascar donc. Un dernier jour qui tombe un dimanche et comme je vous l'ai déjà dit, moi, les dimanches, j'aime pas trop. Aussi, je redoutais déjà un dimanche à Antananarivo des plus ennuyeux... Quant à la soirée de ce samedi, elle passa comme un éclair en compagnie de la joyeuse équipe du personnel du resto Sakamanga avec à sa tête, Volatina, la barmaid ô combien séduisante et chaleureuse. Je suivis tout ce beau monde en boîte de nuit et cette virée dans le Tana nocturne fut des plus excitantes. Aussi, quand je rentrai à mon hôtel sur le coup des 2 heures du matin, il y avait bien longtemps que j'avais perdu le compte des THB, rhums arrangés, planteurs, liqueurs de banane et autre tequila que j'avais ingurgités...

Façade "branchée" (Quartier d'Isoraka)
02 novembre 2007
Transition
Il y a des jours en voyage où il ne se passe rien, en tout cas pas grand-chose à part attendre son avion, rallier un point à un autre, récupérer sa chambre d'hôtel, se poser et attendre l'heure de la soupe. Point final.
01 novembre 2007
Tuléar, morne plaine, le retour
J'aimais bien Tuléar. Je trouvais que la ville n'était pas si désagréable que cela avec ses larges avenues aérées, ses nombreux bars et restos sympas. Par contre, elle pouvait être lugubre le dimanche et... les jours fériés. C'était le cas aujourd'hui, jour de Toussaint et je n'eus même pas droit ni à une séance de ciné, ni à une séance de cyber-café. Terrible !
Pachypodium
Je "tuai" donc le temps ce matin en allant visiter un arboretum où de très nombreuses espèces de plantes rares ou endémiques du sud-ouest malgache grillaient au soleil. Admirer des arbres désséchés et plein d'épines ne me remplissait pas d'une allégresse insoutenable mais au moins la matinée était passée. Quant à l'après-midi, elle fut bien longuette. Il était grand temps que j'aille voir ailleurs...
... Un ailleurs qui était bien éloigné d'Anakao pour la touriste noyée dont le corps fut retrouvé aujourd'hui seulement près de l'arboretum que je visitai ce matin, c'est-à-dire tout proche de Tuléar, à près de 30 kms d'Anakao comme je vous l'avais prédit...
31 octobre 2007
Retour à Tuléar
Au cours de cette merveilleuse nuit, j'avais donc pris la décision de me casser d'Ifaty par le premier taxi-brousse du matin (6H00). Malheureusement, je n'avais pas pris soin de régler ma note la veille au cher Freddy et je ne trouvais, de si bonne heure, que Martin, son jeune jardinier à qui je confiai le règlement de ma facture en espérant ne pas avoir à le regretter. Remettre 40000 ARY (16 euros) à un employé était un grand risque qui pouvait me faire perdre mon fric et voir Freddy me courir après pour encaisser son dû. Tant pis, je ne souhaitais pas rester une heure de plus dans son "Disneyland". Advienne que pourra ! De retour à Tuléar donc, une journée plus tôt que prévu, il ne me restait plus qu'à regarder le temps qui passe... Ereintant ! Tout comme l'envoi de nouvelles photos (un bon quart d'heure par photo postée !!!)...
30 octobre 2007
Ifaty, comme prévu...
J'avais prévu de rester 2 jours à Ifaty et, comme prévu, je me cassai au bout de... 18 heures ! IN-SU-P POR-TA-BLE ! Une plage nulle, des boutiques, des hôtels, des restos, de gros et gras touristes (pléonasme ?) et, hélas, toujours ces sempiternels "vazahs", mi-expats, mi-paumés, se prenant pour des nababs. J'imaginais bien ces mêmes gugusses, en France, totalement transparents et titubant comme des zombies, accoudés à un zinc devant un ballon de rouge à 2 balles dans des rades pourris de banlieue ou bien encore au buffet de la gare de leur trou provincial...
Mais en plus, à Ifaty, il y avait "Chez Freddy". "Chez Freddy" était un restaurant qui avait bonne presse auprès des "guides-papier" et qui avait récemment construit des bungalows sympas. C'était donc là que je posai ma besace vers midi et, certes, le bungalow était sympa et pas cher (10000 ARY / 4 euros). Par contre, vers 19h00, il prit une toute autre allure. Le cher Freddy, qui avait traîné ses guêtres à Paris par le passé, avait trouvé de bon ton d'importer à Mada les folles soirées parisiennes. Mon bungalow, coincé à sa droite par le groupe électrogène (à 10 mètres) et à sa gauche par la grande salle du restaurant (à 5 mètres), ne me laissait peu d'échappatoire. D'autant que l'animation proposée par Freddy, ce soir, consistait en un bon vieux karaoké des familles. Un monsieur embauché pour l'occasion (je supposais) avait entrepris, avec l'aide d'un ordinateur portable et d'un micro, de vocaliser sur un melting-pot-pourri de (excusez du peu) Beatles, Antoine, Clapton, Sardou, Elton John, Cabrel, Julien Clerc, j'en passe et des meilleurs. Ayant fini mon dîner à 20H00, je traînai un peu et j'allai me zoner sans trop y croire. IN-SU-PPOR-TA-BLE ! (je vous l'avais bien dit !). Entre le doux ronronnement du groupe et les bêlements mâtinés de hurlements du monsieur qui, le pauvre, n'aurait même pas obtenu sa place dans la chorale des "Choristes" (c'est pas peu dire), je craquai et je décidai de sortir de mon pieu, de me rhabiller et d'aller me saoûler. Pas le choix ! Je retournai donc au resto-bar tout proche (moins de 5 mètres, je vous l'ai déjà dit !) pour siffler une nouvelle THB (la troisième !). Ô miracle, à 22H30, le karaoké s'acheva sur un "Ah, le petit vin blanc qu'on boit sous les tonnelles... C'est à boire qu'il nous faut, oh, oh, oh, oh !" chaudement applaudi par la grosse chambrée de ploucs-toutous présents dans la salle. J'en profitai pour retourner me zoner une seconde fois. Mais, entre la musique enregistrée qui avait remplaçé le "karaokéman" et le moteur à explosion, je ne pus fermer l'oeil qu'à... minuit bien tassé. Aussi, du fond de mon paddock, je maudissais tout à la fois Denis Papin et Thomas Edison et je me promettais pour mon prochain voyage, d'emporter un "i-pod" afin de m'envoyer dans les tympans un bon vieux Pink Floyd ou un bon vieux Grateful Dead qui avait, l'un comme l'autre, le don de m'endormir au bout de 5 minutes...
29 octobre 2007
Programme
Camion-brousse ou taxi-brousse... Dur, dur !
J'aurais pu revenir à Tana par la route mais je n'aimais pas, en voyage, revenir sur mes pas. Surtout, je n'avais aucune envie de me taper mille kilomètres en taxi-brousse quand bien même j'aurais pu le faire en plusieurs étapes. J'avais donc décidé de revenir en avion vendredi prochain. Me voilà donc à Tuléar qui n'offrait pas de grandes possibilités de divertissements. J'irai donc probablement traîner mes guêtres (bien malgré moi) à Ifaty, station balnéaire et hyper-touristique proche de Tuléar. Deux jours là-bas devraient largement suffire avant de revenir jeudi à Tuléar. Quant à cette journée, je la passai les yeux rivés à mon ordinateur pour votre plaisir (je l'espère), mes chers lecteurs. D'ailleurs, j'étais tellement pressé de mettre ce journal à jour que je déjeunai à toute vitesse et que j'en oubliai même mon porte-monnaie (20000 ary soit 8 euros, à l'intérieur) sur la table du resto "Le Forban", le bien-nommé. J'y retournai à toute vitesse pour m'entendre dire que, "non, désolé, on n'avait rien trouvé..." Pas de pitié ici pour les "vazahs friqués". Chacun pour soi et Dieu y retrouvera ses petits... Peut-être...
28 octobre 2007
Tuléar, morne plaine
Boutres (Port de Tuléar)
Une fenêtre météo favorable s'était entrouverte et je m'y précipitai. Je ralliai donc Tuléar sans encombre sur une plate où les huit "vazas" (dont moi) ne se firent pas prier pour endosser, fissa, les gilets de sauvetage. On était dimanche et, hélas, le dimanche à Tuléar était pire qu'à Londres. Sunday's closed, donc ! Ecrasé par la chaleur, accablé par sa propre torpeur, Tuléar offrait un visage de ville-fantôme. J'arrivai malgré tout à "tuer" la journée en m'engouffrant dès 15H dans un ciné (une première pour moi à Mada) où j'endurai stoïquement 2 films (l'un américain, l'autre français) ou plutôt 2 navets comme rarement il m'avait été donné de subir. Mon respect inaliénable pour le septième art m'oblige à taire le nom de ces 2 réalisateurs. Ce serait leur faire trop d'honneur...
27 octobre 2007
Chappe de plomb
L'ambiance au village était, ce matin, pesante, très pesante. Une véritable chappe de plomb s'était abattue sur Anakao. Villageois et touristes étaient encore sous le choc et les silences et les non-dits étaient lourds, très lourds, trop lourds... Le bateau que je devais prendre ce matin étant immobilisé pour les besoins de l'enquête de police, j'aurais du normalement partir avec celui d'une compagnie concurrente. Mais, quand j'arrivai sur la plage à 6H30 pour le départ, mon sixième sens de vieux marin d'eau douce me susurra que les conditions n'étaient toujours pas favorables. Certes, le vent avait légèrement molli mais il soufflait toujours dans la mauvaise direction et cela ne présageait rien de bon. Mais surtout, il n'y avait aucune pirogue sur l'eau. Ordinairement, à cette heure matinale, la mer était déjà constellée des petits points blancs des voiles de ces magnifiques pirogues vezo. Mais aujourd'hui, pas une toile, pas un mât, pas le moindre bout d'étrave sur l'océan. Je demandai à une villageoise si les pêcheurs ne sortaient pas en signe de deuil, de solidarité. Elle me répondit sans ambiguïté que les pêcheurs vezo sortaient tous les jours si les conditions étaient bonnes car, tous les jours, ils avaient besoin de manger et ce n'était pas la mort d'une "vazah" qui allait changer quoi que ce soit à l'affaire. Cela avait le mérite d'être clair et sine die, je reportai, une seconde fois, mon départ pour le repousser au lendemain. Qu'allai-je pouvoir faire de cette journée qui s'annonçait longue, très longue ?
J'allai me promener sur la plage sur des kilomètres et des kilomètres, histoire de m'éloigner de cette atmosphère à couper au couteau. Je choisis le côté de la plage où le vent et les courants de la veille auraient pu entraîner la malheureuse victime. J'espérais secrètement tomber sur le corps rejeté ici par la mer. Cette envie ne résultait pas d'une quelconque pulsion morbide mais j'aurais aimé pouvoir restituer une mère à son fils... Bien évidemment, je ne trouvai rien, la dépouille étant probablement restée accrochée aux récifs de la barrière de corail ou poussée bien plus loin au nord dans la baie de Saint-Augustin, près de Tuléar...






























