01 avril 2006
Mangui dem Sénégal !
Finalement, je restai à l'espace Thialy toute la journée dans l'attente de mon avion qui partait cette nuit. C'était vraiment un très bel endroit, agréable et convivial où je ne m'ennuyais pas une seule seconde. Entre les discussions avec les autres résidents, les employées et Chantal et Denis (les patrons), entre Internet, les repas, la sieste et les temps de lecture passés sur les terrasses ensoleillées et ventées par de doux alizés, la journée fila comme une lettre à la poste...
C'était une dernière journée paisible et sereine.
Reviendrai-je en Afrique ?
Probablement, oui...
31 mars 2006
Interrogation écrite
J'arrivai à 7H du matin à Dakar et je retournai m'installer à l'espace Thialy, où, bien fatigué d'une courte nuit, je passai toute la journée à me reposer et à traîner. J'avais d'étranges sentiments au sujet de ce voyage car je n'arrivais pas à savoir si j'étais passé à côté du pays de par mon attitude ou, s'il n'était pas fait pour moi, tout simplement. Je rencontrai à l'hôtel des gens qui me dirent le plus grand bien du Sénégal où ils étaient déjà venus et où ils reviendraient sûrement. Bizarre ! Ils avaient pour la plupart beaucoup d'expériences positives principalement avec les gens d'ici. Ces personnes (occidentales) qui me racontaient cela, avaient l'air plutôt saines d'esprit et sympathiques, au demeurant. Alors ? Pour ma part, je n'avais pas eu beaucoup d'accroches avec les locaux si ce n'était excepté avec Guy et Mami de Kafountine, Khady et sa famille de Mar Lodj, S. de Bakau et Satou de Kafountine. Après tout, au bout d'un mois d'un voyage itinérant, c'était déjà pas si mal, non ? Par ailleurs, et là, ça ne pouvait venir que de moi, je n'accrochais pas avec tous ces occidentaux que je croisais, touristes, résidents toubabs, humanitaires et autres associatifs de tout poil et ils me le rendaient bien. Mon interrogation fondamentale du jour était en fait la suivante : devrai-je à l'avenir, voyager plus longtemps pour être encore plus "dans le voyage" et donc plus proche des gens ? Une chose était sûre, j'étais en manque d'activité sexuelle et cela avait le don de me transformer en personnage grincheux et quasi acariâtre et ça, c'était pas bon pour le moral !
30 mars 2006
A contre-courant
Je bullai (encore) toute la matinée dans l'attente du départ (à 14H) du "Willis" qui devait me ramener à Dakar. En fait, je continuai à attendre, attente au Perroquet puis attente dans le bateau. Le bateau était nickel et je m'installai à sa proue pendant toute la descente du feuve Casamance qui dura trois bonnes heures. Ainsi, je repassai devant l'île de Karabane pour laquelle tous les touristes présents dans le bateau ne cessèrent de s'extasier et de se remémorer avec émotion sincère la magie du lieu. Décidément, j'aurais été tout au long de ce périple, à contre-courant. Mais bon, je préférais ça plutôt que de me retrouver dans le troupeau...
29 mars 2006
Retour à Ziguinchor
Mon côté (très angoissé) à l'approche du départ, me poussa à partir très tôt de Cap Skirring pour Ziguinchor. Pourtant, il n'y avait que 70 kms à parcourir sur une route, certes, particulièrement pourrie. Mon "angoisse" déteignit sur un couple de toubabs résidant au Sénégal qui décida aussi de quitter la guesthouse et de m'accompagner à cette heure matinale (6H00), malgré moi. Gros coup de chance, on arriva à choper au vol, un taxi-brousse tout neuf et rutilant (Toyota turbo) qui nous amena à bon port en 1 heure chrono ! Du jamais vu, au Sénégal ! Je m'installai au Perroquet, hôtel agréable en bordure du fleuve Casamance où je bullai une journée de plus en attendant le départ par bateau le lendemain, à destination de Dakar. J'avais pour ainsi dire, au cours de ce séjour, passé mon temps à attendre que ça se passe ! Et la musique, dans tout ça ? Bordel ! Elle me manquait...
28 mars 2006
Je faisais le boeuf !
C'était ma dernière journée de villégiature avant de rejoindre Ziguinchor, le lendemain. Je me baladai à nouveau sur la plage (pas grand-chose d'autres à faire), en direction du nord cette fois. Deux heures de marche au total. Au niveau de la forme, ça devrait le faire compte tenu des kilomètres que je parcourais chaque jour, auxquels il fallait ajouter les heures passées en position allongée. Je me fis encore "emmerder" mais cette fois (du moins pour l'un d'entre eux), je le renvoyai à ses chères études de culture traditionnelle africaine et lui (et ses copains), en restèrent comme deux ronds de flan. Ils devaient encore se demander quelle mouche m'avait piqué. Cela faisait du bien de temps en temps de se défouler. Mais, il fallait que je fasse attention car j'avais tendance maintenant à démarrer au quart de tour comme à ma plus mauvaise période indienne. Je ne cherchais plus depuis longtemps (en fait depuis Kafountine) à découvrir ni le pays, ni sa population, il fallait bien le reconnaître. Je trouvais les paysages assez quelconques pour ne pas dire ennuyeux. Quant aux gens, les rapports étaient faussés, je trouvais, et la plupart du temps, intéressés. Je bullai donc presque tout l'après-midi à la guesthouse sans bouger. Le dîner du soir avec d'autres touristes, me vit toujours sans enthousiame et sans réelle envie de communiquer.
27 mars 2006
Plage de Cap Skirring
Après une relative belle nuit, je décidai de me balader sur l'immense plage de Cap Skirring. Par rapport à toutes celles que j'avais pues voir au Sénégal précédemment, c'était, sans conteste, la plus agréable. Elle était même relativement propre et je pus la parcourir, ce matin, sans être trop harcelé par des vendeurs de babioles. A marée basse, par un beau temps frais et vivifiant, j'allai même jusqu'à poser 2 pieds en Guinée-Bissau. Il était curieux de passer une frontière sans montrer de papiers à quiconque et de ne voir pas l'ombre d'un képi dans les parages. Un pays de plus au compteur ? Pas vraiment, car avec une distance parcourue de 800 mètres et un temps de présence d'environ 30 minutes, je battis tous mes records de présence dans un pays étranger. Je revins peinard avec, au total, une bonne marche de trois heures dans les pattes. Le déjeuner, à ma guesthouse, s'avéra succulent (crevettes, poulet-nassa et fruit). Je me baladai à nouveau l'après-midi, cette fois au village de Cap Skirring, sans grand intérêt ma foi, puis je rentrai par la plage non sans me faire emmerder par divers rabatteurs, vendeurs et autres séné-gambiens échoués là et qui tous, (me) devenaient de plus en plus insupportables. J'étais, en fait, de plus en plus mal gratté et grincheux et il ne fallait pas me prendre à rebrousse-poil par les temps qui couraient. Cet état d'esprit m'accompagna tout au long du dîner que je partageai, malgré moi, avec 2 touristes françaises avec qui je mis un malin plaisir à être désagréable dans la limite de la bienséance obligée.
26 mars 2006
Lessivé !
La matinée fut longue, très longue même. Je devais partir à 7H à destination de Cap Skirring mais le départ fut repoussé à 14H pour cause de marée défavorable. Je traînai donc ma guenille et j'allai faire mes adieux à Adjiseck, déçue d'avoir raté un si beau mariage ! Je ne me sentais toujours pas trop bien avec des légères bouffées d'angoisse et des gros coups de suée comme il y avait longtemps que je n'en avais jamais eus. Je ne pouvais dire si c'était lié à un problème physique ou d'ordre psychologique en raison de l'ambiance vraiment spéciale de cette île. J'allai néanmoins me débarrasser de selles, on ne pouvait plus liquides et je me sentis tout de suite mieux avec même de l'appétit. En fait, il devait bien y avoir un petit problème intestinal sans exclure une part de stress. Je partis enfin vers 15H dans une pirogue pour moi tout seul après avoir remercié chaleureusement Ahmal, patron du Barracuda, pour son accueil. La traversée dura une bonne heure, un trajet sympa certes mais monotone comme toujours le long de la mangrove. J'arrivai à un débarcadère au milieu de nulle part où un taxi devait venir me récupérer. Ambiance far-west ! J'arrivai enfin à ma guesthouse du Cap Skirring vers 17H. L'endroit était charmant, surplombant la mer et une belle plage bordée de verdure. Le coin était gai et beau ce qui du coup, dopa mon moral, en baisse ces derniers jours. Je bullai jusqu'à 18H à la guesthouse, fis une courte promenade sur la plage et je finis par ma traditionnelle bière (en terrasse et face à l'ouest) et par un barracuda délicieux mitonné par la patronne. En cette fin de soirée, je me sentais bien mieux. Pourvu que ça dure...
25 mars 2006
La bête et la belle
Je restai un jour encore mais pas un de plus. Il n'y avait rien à faire ici et je me sentais coincé, loin de tout. Le coeur n'y était pas vraiment et décidément, je n'accrochais à rien dans ce pays (excepté toutefois, la parenthèse Kafountine). Je négociai un départ en pirogue pour le lendemain. Sinon, je me baladai autour du village et je fis la rencontre dans le cimetière avec un serpent (mauvais présage ?). Je bavardai un peu mais sans grande conviction avec des femmes du village qui souhaitaient à tout prix me marier avec Adjiseck, une beauté du lieu. Que nenni ! C'était bien joli tout ça, mais je m'emm... toujours autant et il me tardait de quitter et l'île et le pays. J'avais encore une semaine à tenir ! Toutefois, la "Gazelle " bien fraîche de fin d'après-midi restait toujours un grand moment, spécialement ici, au bord du fleuve Casamance.
24 mars 2006
Vous avez dit bizarre ?
Je partai tôt de Ziguinchor en direction du sud-ouest de la Casamance. Direction Oussouye puis Elinkine où je négociai à bon prix et sans trop forcer avec un pêcheur décontracté, un transfert en pirogue pour m'amener à l'île de Karabane, ancienne capitale de la Casamance, située au beau milieu du fleuve Casamance. Je m'installai au Barracuda, chez Ahmal, patron sympa recommandé par Guy. Je partis l'après-midi à la découverte du seul village de cette île où mangroves, pythons et autres serpents se disputaient le territoire. L'ambiance était étrange, à la fois douce et calme mais aussi sévère et, comment dire, bizarre. Je trouvais qu'il y avait de drôles de vibrations ici, un poil angoissantes ! C'était vraiment un drôle d'endroit. Je me couchai tôt et je passai une nuit agitée (mauvaises vibrations ou problèmes liés à mes excès de table ?).
23 mars 2006
Halte ! Contrôle !
Un peu à contrecoeur, je quittai Kafountine. Guy m'accompagna en taxi-brousse jusqu'à Ziguinchor. En cours de route, notre taxi fut arrêté pour un contrôle sévère et pointilleux de la part de policiers en civil de la brigade des stups locale. La fouille fut méticuleuse et ils commençèrent à me chercher des poux au sujet de médicaments (anti-spasmodiques et antalgiques !) de ma trousse à pharmacie. Heureusement, j'avais mes ordonnances avec moi. Ils s'en prirent donc à un couple de "toubabs" qui nous accompagnait et les "chinoisèrent" pour les mêmes raisons (mais eux, n'avaient pas d'ordonnance !). Le mari, un rien beauf, le prit de haut et ses vieux instincts de la coloniale ressurgirent en un rien de temps. Tout rouge, il se mit donc à engueuler salement les flics et tout cela commença sérieusement à sentir le vinaigre frelaté. Je ne sus par quel miracle, l'orage s'éloigna et les flics nous laissèrent finalement repartir. Arrivé à Ziguinchor, je pensais filer à Oussouye dans la foulée mais faute de taxi-brousse à 7 places disponible (les seuls relativement confortables), je décidai de passer la nuit à Ziguinchor où je glandai toute l'après-midi sous une chaleur épouvantable (il n'y avait plus ici, l'air frais de la mer comme à Kafountine).





























