03 avril 2003
Chào, Vietnam
De retour de circuit touristique, je me retrouvai à la veille de mon départ. J'avais souscrit un "tour" 2 jours/1 nuit sur l'île de Catba et sur la baie d'Along. En fait, au lieu de dormir comme prévu dans le bateau, on nous informa que la police avait (soi-disant) interdit de dormir dans la baie (!?). Aussi, je dormis à l'hôtel en partageant la chambre d'un jeune américain tour-du-mondiste sympa. Curieusement dans mon périple, je n'avais rencontré personne de vraiment intéressant à part lui, un couple de français à Nha Trang et une française Odile de Hoi An, un peu bizarre, celle là, il fallait bien l'avouer. Que dire de ces 2 jours ? Ce fut un aller-retour de Hanoi à Catba Island, en passant par 2 grottes (!!!) et avec des arrêts baignades. Une nouvelle fois, je me "bloquais" quand je me trouvais dans un groupe de touristes et je boudais dans mon coin la plupart du temps. Heureusement, la baie, effectivement, était superbe, constellée d'îlots effilés en forme de canines mais curieusement je n'éprouvais pas de coup de foudre, pas de coup de massue devant la beauté du lieu. Pourtant il faisait très beau et le temps était dégagé. Je traversai des baies superbes sur des eaux vertes, je croisai de pittoresques maisons flottantes (les mêmes vues à Thalassa que, depuis ce jour, j'avais décidé de ne plus regarder pour ne pas déflorer le voyage) et je profitai de l'arrivée magnifique à Catba Island. Mais, je ne sus pas pourquoi, je restais comme frustré. La baie était égale à ce que j'avais pu en voir au cinéma, à la télévision ou en photos. Je ne fus donc pas surpris et donc pas plus enthousiasmé que cela. Etait-ce dû au fait d'avoir été "trimballé" ainsi avec d'autres toutous ? Je n'arrivais pas à apprécier à sa juste valeur la beauté des lieux malgré tous mes efforts de concentration.
Décidément, rien n'y faisait, je n'accrochais pas avec ce pays. En attendant, j'avais rempli les 2 journées qui me séparaient de mon retour en France et c'était cela l'essentiel. Mais qu'allais-je faire de ma peau maintenant dans ma campagne auvergnate ? Cela était une autre histoire... Chào, Vietnam.
01 avril 2003
C'est décidé... (j'ai la trouille)
C'était entériné. J'avais décidé de partir et sans regret. J'avais "tué" difficilement le temps la journée d'hier en sillonnant à vélo les rues d'Hué pour attendre mon bus de nuit. La route s'était bien passée malgré l'inconfort relatif du bus mais j'avais quan même bien dormi grâce à une petite pilule.
J'arrivai au petit matin à Hanoi et je fonçai dès la première heure dans les locaux d'Aeroflot pour modifier mon billet retour. Avec 100 USD de pénalités, je changeai ma date de départ pour la fixer au 4 avril. Cela me laissait 2 jours entiers à Hanoi et j'allais donc pouvoir aller à la baie d'Along. Je n'attendais strictement rien de ce périple ayant souscrit un "tour" organisé pour 19 USD, passage quasi obligé dans ce pays pour visiter quelque chose. Mais au moins, j'allais être occupé et ça me sortirait d'Hanoi. Je n'irai donc pas à Sapa ni à Catba mais je m'en foutais. A vrai dire, je m'ennuyais ferme. Ce pays n'était pas pour moi quand bien même je ne "craignais" pas l'atmosphère d'Hanoi. S'il n'y avait pas eu cette histoire d'épidémie, je serais bien sûr resté mais je me demandais bien, malgré tout, comment j'aurais pu passer mon temps. Les gens étaient sympas certes (parfois très lourds pour ceux en contact direct avec les touristes) mais ce pays était pour moi, voyageur indépendant, par trop organisé. Souscrire à des excursions organisées et quasiment obligées, était certes avantageux financièrement (mais pas toujours) mais l'idée de me retrouver dans un troupeau de touristes ne me branchait pas du tout, mais alors pas du tout. Aussi, je redoutais les 2 jours à venir mais je n'avais pas trop le choix à part louer une moto et faire des kilomètres dans les rues d'Hanoi ou aux alentours. Je ne pensais pas revenir dans ce pays ou alors, ce serait pour visiter ce que je n'avais pas vu dans le nord, peut-être avec K. Je me posais aussi de plus en plus la question du voyage en solo. Je m'ennuyais souvent et à 48 ans, je n'avais que peu de relations avec d'autres voyageurs de mon acabit qui étaient tous en majorité très jeunes. Concernant les locaux, il y avait toujours cette barrière de la langue bien contraignante. En tout cas, j'espérais passer au travers de cette épidémie qui n'avait pas l'air d'inquiéter ni les habitants d'Hanoi ni les touristes. Je touchai du bois et j'allais maintenant devoir laisser passer quelque temps avant d'analyser avec du recul cet étrange sentiment que me laissait, pour l'instant, ce pays.
30 mars 2003
Interrogation existentielle
Aujourd'hui, je visitai, à pied, la cité impériale et là aussi je trouvai peu de choses intéressantes à admirer ce qui me déçut à nouveau. De plus, j'avais appris quelques jours auparavant qu'une épidémie étrange et inquiétante sévissait depuis quelque temps au Vietnam et en particulier à Hanoi. Cette nouvelle inquiétante ajoutée à mon ennui, me firent me demander si j'allais encore pouvoir tenir 3 semaines dans ce pays. Aller à Hanoi m'inquiétait maintenant de plus en plus, il fallait bien le dire, et j'envisageais presque d'écourter mon séjour au Vietnam. Mais bon, il y avait trois sites que je voulais encore découvrir (Along, Catba Island et Sapa) et je trouvais dommage d'être ici et de ne pas aller les visiter. D'un autre côté, je redoutais que la visite de ces sites ne puisse m'occuper trois semaines entières et je me demandais donc ce que j'allais pouvoir bien faire, de plus dans une région (Hanoi) touchée par le SRAS. Cruel dilemme.
29 mars 2003
Hué
Je qualifiai cette journée de satisfaisante, sans plus. Je louai une moto pour aller visiter des tombeaux royaux disséminés dans la campagne. Comme je m'y attendais, ces tombeaux étaient sans grand intérêt et les droits d'accès élevés pour le pays. J'aimais bien me balader à moto mais ces visites m'ennuyaient à vrai dire.
Je finis l'après-midi en me baladant toujours à moto, dans la ville impériale de Hué ceinte de murailles : le quartier de la citadelle. C'était sympa. Il y avait des lacs et des canaux qui agrémentaient les lieux et rendaient l'ensemble agréable. Je terminai la soirée en me goinfrant.
28 mars 2003
Transition
J'avais toujours autant de mal à écrire. La journée d'hier fut globalement bonne. Je louai à nouveau une moto pour me rendre à Da Nang où je visitai un soi-disant super musée que je trouvais pour ma part quelconque. Au préalable, j'avais visité la Montagne de Marbre, endroit étonnant, constitué de pitons rocheux eux-mêmes troués par d'innombrables grottes dans lesquelles trônaient d'immenses bouddhas. C'était assez saisissant. Da Nang, ville quelconque et China Beach, longue plage immense où je me "frottai" à une tenancière de bistrot magouilleuse, complétèrent ma journée.
Je quittai Hoi An ce matin, avec la satisfaction d'avoir passé un bon séjour là-bas. Mais, je ne savais pas pourquoi, aujourd'hui, j'étais d'humeur grincheuse et je "faisais le boeuf". Le trajet m'avait d'abord énervé car mon bus à touristes mit presque 6 heures pour faire 130 kms, tout simplement parce qu'il s'arrêta à différents endroits bien ciblés (resto, grottes, etc...), histoire, à nouveau, de nous délester un peu plus. J'arrivai à Hué en colère et du coup tout le monde m'excédait (rabatteurs, vendeurs, cyclo-pousses). La ville, au premier abord, ne me plaisait pas et j'allai donc me zoner assez tôt en espérant que demain serait un jour meilleur.
26 mars 2003
Un petit "tour"
Aujourd'hui, je m'embarquai dans un "tour" organisé. Je me laissai tenter car le prix était dérisoire, à savoir 3 USD pour aller voir un site Cham à 20 kms (en bus) et retour par bateau (lunch compris). Cela m'aurait coûté plus cher si j'avais loué une moto. Je me retrouvai donc dans un bus plein à craquer de touristes en me demandant ce que je faisais là. Le site était sans intérêt, quelques vieux vestiges à moitié effondrés bien loin de la beauté des sites d'Hampi ou même de Khajuraho, en Inde. Le retour en bateau n'offrit pas de véritable intérêt même si c'était sans conteste, plus chouette qu'en bus. Le lunch était une misère mais bon pour le prix, il n'y avait rien à dire (encore que !). Je terminai l'après-midi tranquillement à flâner dans les rues d'Hoi An, petite cité que j'aimais bien. Du coup, je décidai d'y rester un jour de plus et de partir que vendredi matin sur Hué.
25 mars 2003
Hoi An
C'était curieux, mais je n'avais pas le goût d'écrire. J'avais du mal à raconter ce que je voyais et ce que je faisais car souvent le soir, après le dîner, je traînais dehors et quand je rentrais, je m'endormais aussi sec. Je ne lisais pas non plus et ça faisait bien 4 mois que je n'avais pas lu un seul bouquin. Il allait falloir que je m'y mette. J'étais parti dimanche 23 mars tôt le matin de Nha Trang, un voyage en bus de 13 heures mais dans de très bonnes conditions avec un chauffeur très cool et donc sans stress. La route était très belle avec de beaux paysages de rizières, de cocoteraies, des grandes baies, des plages, des criques, des montagnes et promontoires, vraiment une splendide route que celle qui reliait Nha Trang à Hoi An.
Je passai la journée de lundi à flâner le matin, à pied, dans la vieille cité et l'après-midi, à vélo, vers une immense plage située à 4 kms de Hoi An. La campagne environnante était cool, tranquille, plate avec là aussi beaucoup de rizières. Hoi An était une vieille cité bordée par une petite rivière avec beaucoup de charme et de caractère. Il y avait pas moins de 800 maisons classées par l'Unesco, la plupart des vieilles maisons chinoises. L'atmosphère y était agréable, tranquille. Il y avait même un quartier interdit aux voitures et quasi piétonnier. Une immense plage pas très loin complétait le tableau et faisait qu'Hoi An était du coup très prisé par les touristes.
Aujourd'hui mardi, je louai une moto 100 cm3 et je sillonnai les petites routes de campagne avec un réel bonheur. Je fis la rencontre d'un jeune vietnamien de 20 ans qui me proposa les services d'une jeune campagnarde pour 150 F, l'après-midi entier. Je déclinai l'offre n'étant pas du genre à payer pour baiser compte-tenu (en sus) que mon budget était plus que restreint. En tout cas, ça ne faisait pas cher de l'heure ! Et je finis donc ma journée au volant de ma moto, à errer dans la campagne environnante avec toujours ce même sentiment de liberté.
22 mars 2003
Quelle journée de fou !
J'avais décidé de me payer une balade en bateau (6 USD) pour visiter des îles dans la baie de Nha Trang. Ce fut du délire ! Je me retrouvai dans un bateau plein à craquer de touristes pour la plupart vietnamiens. Direction une première île, la plus éloignée. Au lieu de descendre à terre, nous mouillâmes pour un bain dans les eaux turquoises. Je n'y allai pas. Un gros paquet se baigna avec bouées et gilets de sauvetages obligatoires pour tout le monde (sic!). Il y avait là une dizaine d'autres bateaux pour touristes, tous au même endroit pour la trempette. Nous restâmes une heure puis direction la deuxième île.
A nouveau, pas d' autorisation de descendre sur l'île et donc, toujours au mouillage, nous eûmes droit à un déjeuner hyper-copieux et varié (crevettes, seiches, poissons, viandes, salades, riz, nouilles, etc...).
Puis le summum : Le bar flottant !!! Je n'en crus pas mes yeux et mes oreilles. L'équipage balança à la flotte une grosse bouée aménagée où un marin pouvait s'asseoir au milieu avec, amarrés devant lui, une caisse de 10 litres de rouge, des verres et une bassine pleine d'ananas en tranches. Tout le monde à la baille (bouées fluo obligatoires) et c'était parti pour une "mise à sec" à grands coups de litrons dans l'eau (et pas à l'eau). Le tout accompagné de musique à donf (Bob Marley et Beatles version années début 60). L'ensemble des canards ne tardèrent pas à se mettre sec et je comptai pas moins de 7 à 8 bouteilles torchées en 1 heure. Les autres bateaux alentour firent exactement la même chose. Du délire. Je n'en revenais pas. Pour ma part, je ne participai pas à cette mascarade et je me contentai de soupirer (hélas!). Puis, nous partîmes pour une troisième île où enfin, nous accostâmes. Mais surprise, pour mettre le pied à terre, il fallait payer (2F) et pour utiliser une chaise longue, payer itou. Rien à faire ici, sur une étroite langue de sable où les viets avaient installé jet-ski et windsurf (payants, of course !). Ce fut une pause d'une heure et demi dans un miniscule endroit bien sûr envahi par les flots de touristes des autres bateaux. Enfin, nous repartîmes vers une quatrième île, au mouillage près d'un village de pêcheurs, pour un petit tour (payant) dans des sortes de calebasses flottantes (en fait, des embarcations utilisées par les pêcheurs locaux). Puis, ce fut le retour au port. Pour résumer, ce "périple" ressemblait fort à une foire à touristes, un piège-couillons, un des aspects du Vietnam en somme où l'on mettait en place toutes sortes de "tours" organisés, tout et n'importe quoi, dans le but unique et simple de soutirer les pépètes des toutous. A oublier.
21 mars 2003
Nha Trang - mer de Chine
Ce fut une journée plutôt quelconque. J'entreprenai de louer les services d'un chauffeur de moto-taxi pour visiter les sites inscrits sur le GDR dans et aux environs de Nha Trang, tous aussi décevants les uns que les autres. Dans ce pays, le moindre morceau de vieille pierre était qualifié de vestige, le moindre filet d'eau, de cascade, le moindre lieu de prières, de temple qu'il fallait soi-disant aller impérativement découvrir. Je commençais à me rendre compte que les véritables sites d'intérêt au Vietnam devaient se compter sur les doigts d'une main à savoir le delta du Mékong, Hoi An, Hanoï, la baie d'Along et Sapa. Renaud, rencontré en Inde, m'avait prévenu que 6 semaines étaient largement suffisantes, je commençais à croire qu'il avait raison.
J'avais des sentiments mitigés pour ce pays. Il ne me déplaisait pas mais il ne m'emballait pas non plus. La population locale était globalement très souriante et très gentille mais une frange de celle-ci (celle en contact direct avec les étrangers) était très âpre aux gains. Tous les endroits dignes d'intérêt pour les visiteurs étaient hyper-balisés, organisés et encadrés. Les guides étaient souvent obligatoires et au final on se retrouvait souvent entre occidentaux. Comme les prestations n'étaient pas trop (?) chères et bien faites (mais pas toujours), il était facile de se laisser convaincre en évitant les transports en commun locaux (qui au passage, m'avaient l'air terriblement inquiétant). Du coup, il restait peu de place pour l'authenticité dans tout ça. Et quand on souhaitait s'écarter des routes touristiques, c'était pour se confronter à des demandes d'autorisation, des laissez-passer (payants) toujours aléatoires avec la police ou bien pour atterrir au final dans un coin perdu moche et à mourir d'ennui.
Cela faisait 15 jours que j'étais parti et pour l'instant, je ne retenais que ma journée passée sur le Mékong en tête à tête avec ma capitaine, l'atmosphère particulière de Saïgon, ma balade à vélo dans les rizières de Chau Doc et celle à moto dans les montagnes de Dalat. C'était bien peu mais bon, il en était ici presque comme lors d'une croisière en voilier où en "chiait" des ronds de chapeaux pendant 90% du temps et où les 10% restant étaient sublimes.
20 mars 2003
Triste printemps... Nha Trang
Il était 17H15 et j'étais rentré à mon hôtel. Triste journée. J'appris que les USA venaient d'attaquer l'Irak. Aujourd'hui, fin de l'hiver et premier jour du printemps, les missiles allaient pleuvoir. Et pour mes 48 ans et demi pile, cela me rendit triste... Mais bon, ici, tout ça me semblait lointain même si je pouvais suivre l'évolution du conflit sur TV5. J'étais arrivé hier à 12H00 en provenance de Dalat, voyage sans encombre.
Après une sieste, je m'étais baladé dans la ville , une sorte de Nice vietnamien avec promenade des Anglais et longue plage (sale) de 6 kms, les cocotiers en plus. La mer était magnifique d'un bleu turquoise avec des îles juste en face de la baie. Très beau site, qui malheureusement ne tarderait pas à se dénaturer, des hôtels immenses poussant comme des champignons.
Aujourd'hui, je faisai toute la plage à pied, belle promenade sportive. Le vent soufflait fort et je ne sentais pas les morsures du soleil qui brûlaient ma peau même à travers le t-shirt. Je faisai la rencontre de gens charmants (des vendeuses de babioles et autres masseuses diverses) avec qui je discutai longuement sur la plage.
Je discutai aussi longuement avec une patronne de bistrot assise en terrasse près de mon hôtel et qui, nostalgique des années 60, me fit écouter Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Christophe, Claude François et quelques autres. Nous fredonnions ensemble car elle parlait français et adorait chanter. C'était assez surréaliste mais émouvant car, probablement déprimée, elle ne put s'empêcher de pleurer devant moi, cette musique lui rappelant ses amis tous partis en Europe, elle seule étant restée ici. Visiblement malheureuse avec un mari boulanger et malade (je sais, ça n'a rien à voir), elle vivait la plupart du temps seule et n'espérait plus grand-chose. Assez pathétique, pour tout dire.
La soirée fut agréable passée au Café des Amis (bonne cuisine) puis dans un bar branché en bord de plage d'où j'admirais la pleine lune.








































